les minières néolithiques de spiennes

 

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  • La fouille archéologique

    La fouille archéologique est destructrice !

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    © JLD
    Fouilleur à Petit-Spiennes
    Au-delà de la démarche qui consiste à tenter de comprendre un contexte enfoui et les relations éventuelles qui peuvent exister entre ses différents éléments, la fouille archéologique détruit irrémédiablement un site. En effet, une fois la fouille réalisée, il n’est plus possible de revenir en arrière. Qui plus est, la lecture du site qu’a pu faire le fouilleur lui est personnelle. D’où la nécessité de dialoguer constamment avec le site fouillé, de le lire et le relire sans cesse, d’être réfléchi pour progresser car toute action envers lui sera unique et irréversible. Pour mener à terme une fouille, le fouilleur a à sa disposition, en plus de la démarche intellectuelle qu’il opère, un ensemble de méthodes et d’outils.

    Comment se déroulent les fouilles à Petit-Spiennes ?

    Deux chantiers sont actuellement en cours. Il s’agit, d’une part, de la fouille de deux puits proches permettant d’accéder aux minières sous-jacentes mais déjà partiellement connues en sous-sol et, d’autre part, d’un autre puits dont on ne connaît pas la minière correspondante en sous-sol.

    Fouilleur
    © JLD
    Fouilleur à Petit-Spiennes
    Parlons du premier chantier correspondant aux deux puits voisins. Le chantier en surface se déroule de la manière suivante :

    • Un espace de 25 m² a été préalablement décapé grâce à une pelleteuse sur une profondeur de 60 cm et il a été quadrillé (carroyage) 1,25 x 1,25 m.
    • Chaque carré fait l’objet d’une fouille minutieuse soit par paliers successifs, par exemple de 25 cm de profondeur, soit en suivant les couches de terrain (unités stratigraphiques). Les outils utilisés à cet effet sont :
      • pour la fouille en tant que telle : le piochon, la truelle, le scalpel, la brosse douce, le pinceau, la ramassette, le seau, les étiquettes de repères et de niveaux ;
      • pour les relevés et les plans : à chaque fois qu’un plan ou un relevé s’impose, le fouilleur utilise : le mètre, le double-mètre, le niveau, le fil à plomb, la boussole, le papier millimétré, les crayons noirs et de couleur, la gomme. Une fois les relevés terminés, le fouilleur doit aussi photographier : appareil numérique, appareil reflex. Le fouilleur peut aussi faire un relevé en plan horizontal ou des parois latérales et obtient de ce fait une coupe où sont visibles les couches successives du terrain.
    • Tamisage
      © JLD
      Tamisage à Petit-Spiennes (en hiver;-)
      Le tamisage est une opération importante et contraignante car elle nécessite beaucoup de temps. Toutefois, son utilité est incontestable car le tamisage permet non seulement de récupérer ce qui n’a pas été vu lors de la fouille mais aussi d’améliorer la qualité de la fouille en mettant en évidence des indices qui auraient a priori échappé au fouilleur.
    • Le nettoyage et l’ensachage. A Petit-Spiennes, le fouilleur récolte quantités d’éclats de silex. Ce silex doit être nettoyé, séché, ensaché et les sachets doivent être numérotés. Les pièces archéologiques (ébauches de haches, lames, pics miniers,....) mis au jour font l’objet d’un relevé précis (coordonnées) et sont éventuellement photographiées.

    Les deux puits connexes sont indissociables, ils font dès lors l’objet d’une même fouille. La fouille de l’autre puits proche a recours évidemment aux même techniques et réflexions que ce qui précède mais le terrain n’a pas fait l’objet d’un décapage préliminaire.

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    Si vous désirez approfondir un peu plus les méthodes de fouilles en archéologie, nous ne pouvons que vous renvoyer à l’ouvrage de Marcel Otte dont nous nous sommes partiellement inspiré pour la rédaction de cette page.

    OTTE M., 2003.
    Lire le passé. Méthodes de fouilles archéologiques,
    Les Editions de l’Université de Liège, 152 pages.